Ravage : Au coeur de la science-fiction ...

Publié le par mediasetdiversite.over-blog.com

Ravage ! Voilà un livre dont le titre est plutôt explicite. Ecrit en 1943 par René Barjavel, Ravage est considéré comme un roman fondateur de la science-fiction.

 

            En somme, loin de nous décrire une société utopique, Barjavel présente une société plausible pour un homme du début du XXème siècle. Cette société décriée est mécanisée à outrance. L'individu est assisté dans chacun de ses gestes quotidiens par la technologie. C'est alors que l'électricité disparaît... S'en suit une régression terrible qui ramène l'Homme au Néolithique, tant matériellement que socialement.

 

            C'est un roman qui laisse un sentiment de malaise et de révolte : la société décadente détruite laisse place à une société dictatoriale. La description d'un monde en perdition où les gens meurent, s'entretuent et retournent à la barbarie, est sèche, sans concession et exempte de toute charité et solidarité entre les Hommes. C'est le règne de la force et de la violence ! De plus, le héros du roman n'hésite pas à tuer, piller pour survivre. A chaque fois que François est confronté à un problème, il le résout avec une violence certaine, jamais refrénée.

 

            La vision très traditionnelle du rôle et de la place de la Femme dans la société laisse place à un protagoniste misogyne.

Le personnage de Blanche, écervelée, se laisse prendre au jeu de l'argent et de la célébrité.

Tout au long du récit, Barjavel évoque l’idée qu’une bonne femme est une femme au foyer, obéissante et dévouée envers son homme. A la fin, comme un pur hasard, il reste plus de femmes que d'hommes, ce qui favorise la polygamie masculine, le contraire n'était pas du tout envisageable semble-t-il.

Et malgré cette majorité écrasante de femmes, on en arrive à une société totalement patriarcale où la femme est soumise et se contente d'accomplir, docile, sa mission : reproduire l'espèce ! On peut ainsi voir au combien la situation de la Femme a changée au fil des années pour une société davantage basée sur l’équité des sexes, un réel progrès !

 

            François, d'origine rurale, décide de migrer vers le sud et le village de son enfance pour y fonder un monde meilleur basé sur les principes fondamentaux du retour à la terre…

Le livre pourrait parfaitement ne pas disposer de cet épilogue nommé le patriarche dans lequel s’étalent les idées pétainistes. On ne voit pas ce qu'apporte cet épilogue plutôt confus où est décrite une nouvelle société polygame, autour d’un chef spirituel et tout-puissant, dans laquelle on détruit les livres : une société qui revendique le « Travail, Famille, Patrie » du régime de Vichy.

 

            Dans la lignée de 1984 de Georges Orwell ou encore Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley, ce roman dystopique écrit en 1943, présente, de façon troublante, des pans entiers de notre quotidien moderne. On se rend compte à quel point nous sommes dépendants de la technologie !

 

 

Mary SOHIER

 

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Publié dans Critiques de livres

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