"Ordure. Salope. Pique moi."

Publié le par L. Reguillot

Si l’Argentin Copi s’est davantage fait connaitre par ses nombreuses planches aux traits fins parues dans diverses journaux très engagés tels qu’ Hara-Kiri, Charlie Hebdo, Libération ou Le Nouvel Observateur c’est le théâtre qui lui rend hommage cette semaine à Tours. Plus de 25 ans après sa mort, Jean-Michel Rabeux monte, une fois de plus dans l’histoire des planches, et pour le plaisir de certains et l’outrance d’autres, Les 4 jumelles. Du 21 au 25 février au Centre Régional Dramatique de Tours, le dramaturge et metteur en scène français nimgSpect_u4qci8.jpgous présente la pièce écrite en 1973. Elles s’aiment, se tuent, se piquent, rêvent d’évasion, sont fourbes, sont bonnes, se soutiennent, se tirent dessus et sont incapables de s’en sortir. Les mots de ces quatre filles qui ne survivent qu’avec leur « dose d’héro » tournent en rond et trouvent justement leur place dans cet espace scénique qui tourne. Le tournis des vulgarités, de la violence des propos et des actes, la cruauté omniprésente s’apaise avec la douceur et la bienveillance des personnages. Et si trois de ces quatre filles sont ici des hommes, la sexualité s’entremêle mais reste secondée face à cette drogue qui commandent leurs actes. Le blanc des costumes redessine les contours de cet espace qui les confinent et les font se tuer et se ressusciter une centaine de fois. Le jeu des acteurs, dilué de tout le poisseux des sentiments qu’aurait pu offrir ce genre de situation, se tient hors de sentimentalité et d’émotions, parfois à juste titre, parfois un peu trop. Quoi qu’il en soit, tout de cette proposition (mise à part une extravagance des couleurs assez retenue) reste dans les idéaux de Copi : délirant, dénonçant, satirique, engagé et convaincu.

Publié dans Critiques de théâtre

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