« NOS CHAMPS DE SOLITUDE » : La transmission de la mémoire par l’art.

Publié le par mediasetdiversite.over-blog.com

 

Buchenwald, Dora, Ellrich, trois noms qui pour la plupart d’entre nous ne nous sont pas familiers. On connaît un peu Buchenwald, mais très peu les deux autres. Et pourtant durant la seconde Guerre Mondiale ces endroits ont été le cauchemar de milliers de prisonniers venus de toute l’Europe. Au total près de 80 000 prisonniers ont perdu la vie dans ces camps, dans des conditions atroces dû notamment à  l’épuisement, à la faim, aux mauvais traitements, au manque d’hygiène…  Aujourd’hui ces trois camps de concentration sont devenus des lieux de mémoires. Mais que reste-t-il de ces camps qui sont de nos jours en majorité détruits, et quelle leçon  pouvons-nous en tirer ? Jean-Pierre Thiercelin, Philippe Touzet et Philippe Alkemade nous ont raconté à travers des textes et des photographies l’histoire de ces trois camps. 

 


Durant un mois s’est tenue au lycée Jacques de Vaucanson une exposition surprenante mêlant poésies et photographies, Philippe Alkemade (le photographe de l’exposition et aussi l’un des auteurs) Jean-Pierre Thiercelin et Philippe Touzet (auteurs des textes) sont allés visiter ces camps et nous racontent de façon singulière ce que peuvent évoquer pour eux les images  des camps de concentration aujourd’hui. Nous avons rencontré Jean-Pierre Thiercelin. 

 


Son histoire familiale notamment celle de son père l’  « oblige » à transmettre la mémoire de ces camps. Le but d’exposer son travail dans un lycée est d’arriver à toucher les jeunes générations afin que la mémoire ne s’efface pas. « Il ne faut pas oublier que l’horreur de ces camps a eu lieu en plein cœur de l’Europe » remarque Jean-Pierre Thiercelin, une Europe qui se montrait à cette époque et notamment à travers la colonisation comme le guide des populations colonisées qui disait les aider à se civiliser. Et pourtant c’est dans ces camps qu’on eut lieu les plus gros actes de barbarie de l’histoire du XXème siècle et c’est à travers cette Europe qu’est née la notion de « crime contre l’humanité ». 

 


C’est par le biais de tous ces éléments que l’idée de l’exposition est née il fallait que l’histoire des camps de Dora, Buchenwald et Ellrich ait une résonnance dans le monde d’aujourd’hui. L’idée de la création artistique était une évidence pour Jean-Pierre Thiercelin auteur et acteur de théâtre. En effet à travers la photographie et la poésie chacun d’entre nous peut imaginer son propre récit de l’Histoire tout en sachant ce qui a pu se passer dans ces endroits.

 


Le hasard a fait que l’exposition s’est retrouvée au lycée Jacques de Vaucanson de Tours. Ce fut donc pour tous les élèves une découverte intéressante qui les a fait réfléchir et qui leur a fait découvrir l’horreur des camps de concentration. Jean-Pierre Thiercelin Philippe Alkemade et Philippe Touzet peuvent être fiers de leur travail qui a touché de nombreux élèves «  Cette exposition était intéressante, il faudrait qu’il y en ait plus » déclare une élève. « Je pense que c'était intéressant, et que c'est bien qu'il y ait encore des gens pour faire des expositions comme celle-là, mais j’ai quand même trouvé cette exposition un peu vague car j’aurais bien aimé savoir à quoi ressemblaient vraiment les camps et sur les photos nous ne voyons que des ruines. » « De plus les poèmes ne nous racontent pas la véritable histoire de ces lieux» enchaîne une autre. Même si les avis sur la forme de l’exposition divergent tout le monde reste d’accord sur le fond : c’est une présentation intéressante de ces trois camps qui a interrogé de nombreux visiteurs A commencer par les élèves. Et cette exposition pose des tas de questions dont on n’a toujours pas les réponses.  

 

Eva Haïchour

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