La France unie, celle qu'on aime

Publié le par mediasetdiversite.over-blog.com

Il y a plus d’une semaine désormais, la France commençait à vivre des heures très douloureuses, des heures qui resteront historiques dans les mémoires des Français qui ont suivi de près des événements qualifiés d’attentats, qui ont également remis en question plusieurs notions importantes dont celle de la liberté d’expression. Bien que de tels faits soient plus que regrettables, les Français ont de la plus belle des manières rendu hommage aux victimes des massacres de Charlie Hebdo, Montrouge et Vincennes. Retour sur ces faits qui ont engendrés une très forte union citoyenne que nous n’imaginions pas retrouvée ces temps-ci.

 

Mercredi 7 janvier, il est onze heures et demie.  C’est une matinée de travail comme les autres pour les journalistes et employés de Charlie Hebdo avant que les frères Kouachi, deux terroristes islamistes, ne pénètrent dans les locaux du célèbre hebdomadaire accompagnés de leurs fusils d’assaut. La suite est des plus tragiques, 12 morts et plusieurs blessés graves dont un employé de maintenance, deux policiers et de nombreux employés parmi lesquels figuraient les dessinateurs « Cabu », « Charb » ou encore « Tignous ». Le seul motif des terroristes serait de se venger face au périodique pour avoir représenté le prophète Mahomet à travers un dessin parodique, acte interdit dans la religion musulmane, tout comme celui de tuer des personnes…

Cette exécution ne provoqua pas qu’une tragédie mais également un retour au cœur des débats de la notion de liberté d’expression. La réponse à ce débat fut des plus immédiates avec l’intérêt porté des Français sur ces événements accompagné de l’affichage du slogan #JeSuisCharlie sur les réseaux sociaux et également lors des manifestations ayant eu lieu dès le mercredi soir dans toute la France, regroupant au total plus de 100 000 français dans les rues. Ce n’est pourtant qu’un début, aussi bien en évoquant les tragédies qu’en analysant la mobilisation des Français autour d’une actualité des plus chaudes.

Au lendemain d’une journée difficile pour l’Etat français suite à une nouvelle attaque terroriste, l’acharnement ne fait que continuer en région parisienne : il est tout juste plus de huit heures en ce jeudi matin lorsque Amedy Coulibaly assassine une jeune policière stagiaire, dans le dos, à Montrouge, au Sud de la capitale française. Quoi de plus lâche… L’auteur de cet acte a également blessé une autre personne. La France est inquiète, la France a peur. Jusqu’où ira cette menace terroriste, de plus en plus présente depuis quelques semaines, notamment après les incidents de Joué-lès-Tours, Nantes ou encore Dijon.

Alors que la veille la notion de liberté de la presse ou plus précisément liberté d’expression soit revenue au centre des débats, les débats sur la sécurité en France et sur le retour de la peine de mort sont plus que d’actualité. Comme si à chaque nouvel incident, un retour en arrière était inévitable. Le risque zéro étant impossible, ceci n’a hélas pas convaincu tous ces Français, hostiles face aux menaces étrangères. Un climat de tension et de crainte s’étant installé, le gouvernement français aura tenté de rassurer la population, avec les valeurs républicaines qui ont habité les dirigeants français durant les heures les plus sombres de l’histoire de notre nation. Un soir de plus, les médias et journaux télévisés n’évoquaient que cette tragédie, si pesante pour une population qu’on avait tendance à qualifier de désintéressée des faits d’actualités nationaux et internationaux.

 

Vendredi 9 janvier, les frères Kouachi se rendent à une imprimerie au Nord de Paris, exactement dans la commune de Dammartin-en-Goële. Le directeur de l’entreprise est pris en otage par les deux frères terroristes alors qu’un employé a réussi à s’enfuir et que le second a eu le temps d’être caché par son patron dans un carton, sous le lavabo de la cuisine du local. Le sang-froid du responsable aura payé, puisqu’aux alentours de 17 heures, les forces d’interventions du GIGN sont parvenues à intercepter les auteurs de la prise d’otage. Les frères Kouachi sont tués, alors que leur attentat a été revendiqué par Al-Quaïda.

Ce même jour, de l’autre côté de la capitale, à la porte de Vincennes, Amedy Coulibaly récidive, apparemment complice des frères Kouachi, puisqu’il aurait été en contact avec Saïd Kouachi, l’aîné des deux frères. Dès la matinée, Amedy Coulibaly (ayant déjà effectué plusieurs séjours en prison et étant sur la liste américaine des terroristes étrangers s’étant entraîné avec Al-Quaïda) s’est emparé d’un hypermarché cacher situé porte de Vincennes, pour une prise d’otage qualifiée d’acte antisémite.

Le jeune homme d’origine malienne abat alors 4 personnes juives, alors qu’un employé de la chaîne Hypercacher, Lassana Bathily, a lui aussi fait preuve de détermination et de sang-froid, pour sauver des vies en dissimulant des clients dans une chambre froide (bien évidemment après avoir enlevé le thermostat réfrigérant) puis en s’échappant à l’aide d’un monte-charge pour alerter la police de la menace s’abattant sur le magasin parisien. Il est 17 heures passées, les forces françaises du RAID et de la BRI lancent l’assaut après avoir ouvert le rideau de fer de l’épicerie et après plusieurs jets de grenades et tirs de fusils d’assauts, Amedy Coulibaly décède par les balles des services d’interventions. Il s’agit d’une libération pour les otages qui accompagnés des forces de l’ordre, sortent du magasin en se réfugiant derrière une camionnette de la BRI parmi laquelle on aperçoit un père portant son nourrisson dans ses bras.

Alors que tous ces événements ont sans aucun doute marqué l’histoire de notre patrie, ils auront également suscité beaucoup de débats et de discussion entre tous : religieux, jeunes… et surtout attiré les esprits de millions de Français, qui malgré une actualité des plus bruyantes et chaudes ainsi qu’un climat de colère et d’échec vis-à-vis du gouvernement, se sont tous unis peu importe leur couleur de peau, leur religion, leur position politique, pour une volonté de tous avancer, ensemble, dans la même direction. Cette envie d’union et de se retrouver ainsi que de tous aller dans le même sens pour l’intérêt commun de la nation était sans doute bien plus forte que ce sentiment de vengeance. C’est cette France qu’on aime, c’est cette France qu’on veut. Une France unie et forte, où la liberté et la tolérance demeurera pour toujours.

 

Maxime HERAULT

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