Hugo Cabret, ou un hommage au cinéma

Publié le par A. Scalogna

4ece6be39d9d0Hugo Cabret, film de Noël? Hum... Pour enfants? Hum... Qu'ils soient (très) éveillés, alors! Et curieux, et fascinés par le cinéma, et capables de rester 2h sans bouger et parler, et qu'ils n'essaient pas d'attraper les bonbons des pubs en 3D qu'on nous propose en pré-séance... Bref, 6 ans, c'est un peu jeune!
   
    Au contraire, ce sont les adultes qui s'émerveilleront le plus devant cette fable (Ok, de Noël, si vous insistez). Scorsese nous emmène, fort d'une toute nouvelle expérience dans l'univers du tout public, à la rencontre du père des effets spéciaux: Georges Méliès. Ce film pour "grands enfants", loin du réflexe manichéen des "made in Disney", suit Hugo (Asa Butterfield, beau gamin) dans sa quête particulière mais aussi la faune de l'ancienne Gare de l'Ouest, et particulièrement un Sacha Baron Cohen formidable en surveillant de gare blessé en son for intérieur. Ben Kingsley, vu dans le précédent film du réalisateur (Shutter Island), incarne avec douceur le magicien devenu cinéaste, et la ressemblance physique surprend. Le cinéaste s'est lui-même approprié un petit rôle, et cette apparition très symbolique lui sert de nouveau à affirmer la passion pour son métier qui l'anime!
 
    Le point fort du film: le cinéma. Scorsese fait littéralement l'amour au 7e Art, et s'attache ici à nous faire (re)découvrir l'invention des effets spéciaux par un génie trop ignoré, tout en nous bombardant de superbes scènes dans un Paris des années 30 magnifié (la 3D est d'ailleurs relativement confortable). Le réalisateur, qu'on a longtemps connu côtoyant un autre univers bien éloigné de ce superbe film, a été récompensé à la cérémonie des Golden Globes 2012 par le prix du meilleur réalisateur. Etonnant? Pas vraiment.

Publié dans Critiques de films

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